Le prix à payer - Alexandra Leclère

Réalisateur : Alexandra Leclère
Acteurs : Christian Clavier, Gérard Lanvin, Nathalie Baye, Géraldine Pailhas
Date de sortie : 4 avril 2007 (France)
Durée : 1h35

Résumé : Quadragénaire ayant réussi dans les affaires, Jean-Pierre Ménard jouit d'une existence confortable aux côtés d'une épouse belle et élégante, Odile, qu'il aime de tout son cœur. Son bonheur serait parfait si toutefois, Odile, par ennui et lassitude, ne refusait pas d'accomplir son devoir conjugal. Jean-Pierre, qui a des besoins très masculins et qui éprouve encore du désir pour sa femme, souffre de cette situation. Il en fait part à Richard, son chauffeur, qui rencontre précisément les mêmes problèmes avec Caroline, sa compagne. Constatant pragmatiquement que les deux femmes vivent à leurs crochets, Richard suggère d'exercer un chantage en leur coupant les vivres. Ce que Jean-Pierre traduit laconiquement par la formule « pas de cul, pas de fric » qu’il s’empresse de mettre en pratique.

Bande-annonce (VO) :


Mon avis :  Encore une fois, j'ai profité du fait que le film passait à la télévision pour me poser devant et regarder. Je me dis "oh c'est bien, un film qui part des clichés et qui va les remettre en question avec humour, cool !" Quelle erreur.
Je n'ai pas trop à dire sur le jeu des acteurs ou la façon dont ça a été tourné, qui est pour moi assez classique dans la comédie française, pas de révolution. Mais par contre, qu'est-ce que j'ai à dire sur le reste. 

(attention spoilers)

Tout d'abord, comme je le dis plus haut, je m'attendais à quelque chose qui casse les clichés. Donc, pendant tout le début du film, j'encaisse la vision d'une femme dépensière, Odile Ménard,qui ne gagne pas sa vie et qui passe son temps à voguer entre boutiques de luxe, coiffeur et esthéticienne. Et qui en plus évite son mari, Jean-Pierre, dès qu'il tente une approche. Certes. Mais je me dis, avec espoir, que ce n'est que le début, qu'on nous dresse le portrait de cette femme parce qu'elle va changer au cours du film pour se rendre compte de la manière dont elle traite son mari, qui dès le début nous apparaît adorable, qu'on va avoir une solution, un peu de moralité... 
D'un autre côté, on se retrouve avec le chauffeur, Richard, et sa compagne, Carole. Ils ne sont pas mariés. Richard est le chauffeur de Jean-Pierre, et il est issu d'une catégorie sociale plus modeste. On apprend vite qu'il a les mêmes soucis que son patron : il a une femme chez lui qui lui "bouffe son fric", car en effet, Caroline n'a jamais travaillé non plus, en tout cas pas depuis qu'elle a emménagé avec Richard, et en plus a collé dans les pattes de son compagnon deux gosses qu'elle a eus d'un autre. Là encore, joli portrait de l'homme qui prend la femme entière, avec ses enfants, et de cette femme qui n'a aucun scrupule à laisser cet homme seul tenir les dépenses du foyer. Elle vit son rêve et écrit (d'ailleurs avec un beau MacBook, c'est vrai, un chauffeur a vraiment les moyens de se payer un ordinateur de ce prix, vive le réalisme), et le spectateur suppose qu'elle écrit dans son coin, sans éditeur derrière, et que ses écrits ne rapportent rien.

Donc, dès lors, dans une catégorie sociale aisée comme modeste, on se retrouve avec le même schéma : le gentil homme qui donne tout son argent à une femme. On se retrouve avec deux sortes de mantes religieuses qui dévorent peu à peu les forces vitales de leurs compagnons. 
La manière de régler les problèmes est, pour moi comme pour mon frère avec qui je l'ai regardé (et oui, la vision d'un homme dans ce genre de cas est agréable à avoir) archaïque. On règle les problèmes de couple par le sexe au lieu de tout simplement parler ?  Et Odile, qui a laissé la routine s'installer et qui n'aime plus son mari au point de faire chambre à part, pourquoi n'a-t-elle pas exposé ses soucis à son époux avant d'en arriver à ce stade ? Parce qu'elle voulait continuer à profiter de son argent sans divorce, me direz-vous ? C'est ce que j'ai pensé, mais ce n'est pas explicitement dit dans le film.

Aucune évolution des personnages qui aurait pu résoudre les situations initiales. Aucune. Du côté de Caroline, il a fallut que Richard la frappe sous le coup de la colère (bravo), qu'elle avait bien allumée d'ailleurs, pour se bouger les fesses et aller chercher un boulot, histoire de mettre de côté pour mieux s'en aller avec ses gosses. Ça m'a... non, je ne vais pas dire de choses vulgaires, même si j'en ai bien envie. Enfin, mince quoi, tu es une mère ! Le boulot, il y a longtemps que tu aurais dû le chercher, pour subvenir aux besoins de tes enfants même sans un homme ! On est au XXIe siècle bon sang !! Et voilà, je sais que je juge, mais je ne peux pas m'en empêcher : on se retrouve avec une femme qui ne fait rien hormis poursuivre une chimère (belle, la chimère, m'enfin, pour devenir écrivain, il faut faire beaucoup plus que des nuits blanches derrière son clavier) et qui laisse l'homme fort ramener l'argent. Ça m'a bien mise en colère, parce que je viens d'un milieu où l'enfant passe en premier, où l'on doit subvenir à ses besoins avant les siens, et je n'ai pas du tout compris Caroline qui, au lieu de se débrouiller pour eux avant de trouver un homme (car c'est dit plusieurs fois, elle est arrivée sans emploi chez Richard et n'a jamais levé le petit doigt, en plus de ça elle est mauvaise en cuisine bouh) s'est installée chez une bonne poire qui a tout payé. 
Du côté d'Odile et bien... De A à Z je n'ai pas compris ce personnage. Vraiment. D'accord, je sais que le chantage au sexe n'est pas du tout plaisant, mais s'est-elle approchée de son mari pour discuter et voir pourquoi il en arrivait là ? Non. Elle s'est rebellée. Elle l'a même trompé. Le point positif, c'est qu'au moins elle a su se servir du métro parisien. Je n'ai pas compris ce personnage, et après tout, ça se résume en une phrase dite trois fois en cinq minutes "Vous les femmes, vous ne savez pas ce que vous voulez." J'ai fait les yeux ronds et je me suis retenue de hurler.

Et de l'autre côté, on se retrouve avec des hommes prêts à tout pour se faire aimer, qui se font rouler, et avec le sourire s'il vous plaît... Limite, on les plaindrait. Mais je rappelle : l'un fait un chantage au sexe, l'autre a frappé sa compagne. Et ça paraît normal. Non mais réveillez-vous ?!?! Est-ce que l'on peut légitimer ça dans un film ? S'il vous plaît ?!

Bref. Un grand coup de gueule pour ce film que je me suis efforcée de regarder jusqu'à la fin. A vomir. Aucun espoir pour une vie de couple saine, que l'on soit issue d'une classe aisée ou modeste, aucun espoir à avoir dans la femme, qui est une mante religieuse prête à tout pour dévorer son mâle, aucun espoir dans l'homme qui n'est pas capable de régler ses problèmes par le dialogue au lieu de solutions brutales d'un autre temps.
Si vous savez comment mieux dépenser 1h35 de votre vie, ne regardez pas ce film.Comme quoi on peut être une femme et faire un film qui nuit gravement à l'image des femmes.

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